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Psychotraumatisme chez l’enfant : accompagner les parents pour soutenir l’enfant

  • morganefloquart
  • il y a 5 jours
  • 2 min de lecture


Lorsqu’un enfant va mal, la question de la prise en charge se pose souvent très rapidement. Les parents cherchent à comprendre, à aider, à réparer ce qui semble faire souffrance. Dans ce mouvement, il est fréquent que l’enfant se retrouve entouré de plusieurs professionnels, avec l’idée que plus il sera accompagné, mieux il ira.


Pourtant, le psychotraumatisme chez l’enfant ne peut être pensé de la même manière que chez l’adulte. L’enfant ne dispose pas encore des capacités internes nécessaires pour se réguler seul, mettre du sens sur ce qu’il vit ou intégrer des expériences difficiles de manière autonome. Son système nerveux est encore immature. Il dépend profondément de son environnement relationnel.


L’enfant se régule dans la relation. Il se construit dans le lien. Et plus précisément, dans le lien avec ses figures d’attachement.


Lorsqu’un enfant traverse une expérience potentiellement traumatique, ce qui va faire la différence n’est pas uniquement ce qui s’est passé, mais la manière dont il a été accompagné émotionnellement. La présence, la disponibilité, la capacité de l’adulte à contenir, comprendre et sécuriser sont déterminantes.


C’est à partir de cette réalité clinique que j’ai fait le choix, aujourd’hui, de ne plus recevoir directement les enfants en consultation, bien que je sois formée à des approches spécifiques du psychotraumatisme telles que l’EMDR et l’ICV pour les enfants. Ce choix n’est pas un retrait, mais une orientation thérapeutique réfléchie.


Multiplier les prises en charge autour d’un enfant peut parfois produire un effet inverse à celui recherché. Lorsque l’enfant devient « le patient » de plusieurs dispositifs, les parents peuvent, sans le vouloir, se sentir mis à l’écart, dépossédés de leur rôle, ou insuffisants. Le message implicite peut devenir : « nous ne savons pas faire, d’autres savent mieux que nous ».


Or, un parent qui doute profondément de sa capacité à comprendre et à apaiser son enfant devient moins disponible émotionnellement. Et l’enfant, lui, a besoin de parents présents, connectés, confiants, suffisamment sécurisés pour accueillir ses débordements.


Ce sont les figures d’attachement qui constituent le principal facteur de protection et de résilience face au trauma. Aucun protocole, aussi pertinent soit-il, ne peut remplacer la qualité d’un lien d’attachement sécurisant.


C’est pourquoi je propose un accompagnement centré sur les parents. Des consultations individuelles, en couple parental, ou sous forme de guidance parentale ponctuelle ou suivie. L’objectif n’est pas de juger, ni de « corriger » des pratiques, mais de soutenir les parents dans leur fonction, de restaurer leur confiance, de les aider à comprendre ce qui se joue pour leur enfant et pour eux-mêmes.


En soutenant les parents, on soutient le lien. En soutenant le lien, on soutient l’enfant durablement.


Accompagner un enfant, ce n’est pas multiplier les interventions autour de lui. C’est renforcer les bases relationnelles dont il a besoin pour grandir, se réparer et développer sa capacité de résilience.


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